Centre Pompidou – Hanwha : jusqu’où le sous-financement de la culture publique peut-il conduire ?
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Paris le 4 juin 2026
À l’occasion de l’inauguration, le 4 juin 2026, du Centre Pompidou Hanwha Seoul, la CFDT-CULTURE alerte sur les conséquences d’un modèle qui pousse progressivement les établissements publics culturels à rechercher des financements sans que soient clairement définies les limites éthiques qui doivent s’imposer au service public de la culture.
Depuis plusieurs années, le désengagement financier de l’État, l’augmentation des coûts de fonctionnement et la pression exercée sur les établissements pour développer leurs ressources propres ont conduit à une internationalisation croissante des activités du Centre Pompidou. Derrière les discours sur le rayonnement culturel de la France, cette stratégie traduit aussi une évolution plus profonde : celle d’une culture publique sommée de trouver sur le marché les financements que la puissance publique ne lui garantit plus.
L’ouverture du Centre Pompidou Hanwha Seoul constitue à cet égard un signal d’alarme. La fondation Hanwha est financée par l’un des principaux groupes mondiaux de l’industrie de l’armement. Que l’image du Centre Pompidou, les collections nationales et l’expertise de ses agents soient associées à un tel partenaire soulève une question politique majeure qui dépasse largement le seul cadre de ce projet.
La CFDT-CULTURE refuse que les établissements publics culturels deviennent les instruments d’une stratégie de légitimation ou de valorisation d’intérêts industriels privés. La culture n’a pas vocation à servir de caution morale à des activités économiques dont les conséquences humaines, sociales et géopolitiques interrogent profondément nos valeurs.
Cette situation révèle surtout l’absence de cadre démocratique et éthique dans la définition des partenariats engageant les collections nationales et l’image des institutions publiques. Les personnels, les artistes et les citoyens sont tenus à l’écart de décisions qui touchent pourtant au cœur même des missions du service public culturel.
La CFDT-CULTURE demande l’ouverture d’un débat national sur le financement de la culture publique, l’adoption de règles éthiques claires pour les partenariats des établissements publics et l’association des représentants des personnels aux choix stratégiques qui engagent l’avenir de nos institutions.
Les collections nationales ne sont pas des actifs commerciaux. Elles appartiennent à la Nation et doivent demeurer au service de l’intérêt général, de l’émancipation et de la création.
Communiqué de presse : CFDT-CULTURE
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