Déclaration de la CFDT-CULTURE
Conseil national fédéral des 6, 7 et 8 octobre 2025
La France traverse une crise sociale de grande ampleur. Dans un contexte marqué par l’austérité, les coupes budgétaires et la remise en cause des services publics, la CFDT-CULTURE se dresse pour défendre ce qui fonde notre pacte républicain : la culture, la dignité des agents, l’égalité et le dialogue social.
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Nous ne vivons pas une simple période de gestion, mais un moment de rupture. Rompre avec la logique du désengagement de l’État, avec des choix qui affaiblissent les services publics, les agents et les territoires, est devenu une nécessité.
Pour y parvenir, il faut faire de la mobilisation sociale un outil collectif et déterminé, capable de peser réellement sur les décisions politiques.
Le 18 septembre, plus d’un million de manifestants ont défilé dans les rues partout en France pour obtenir le retrait d’un budget brutal et pour exiger davantage de justice sociale. Cette démonstration de force a montré que les
Français se sentent directement concernés par l’avenir de leurs services publics. Elle a marqué le retour d’une mobilisation intersyndicale d’ampleur, inédite depuis 2023, et a confirmé que les organisations syndicales pouvaient
à nouveau agir ensemble avec force. Le 2 octobre est venu prolonger cet élan, montrant que la mobilisation n’était pas un simple sursaut mais une dynamique appelée à s’inscrire dans la durée. La CFDT-CULTURE, présente sur le terrain,
a porté la voix des agents du ministère, des établissements culturels, des opérateurs et de la fonction publique. Elle a rappelé que la culture ne saurait être traitée comme une dépense secondaire, mais doit être considérée comme
un investissement essentiel pour chaque territoire.
Dans ce mouvement d’ensemble, le rôle de l’intersyndicale est central. Le retour de ce cadre de convergence constitue une chance politique, car il peut devenir un véritable lieu de stratégie, de propositions et d’actions coordonnées.
Mais l’unité ne signifie pas uniformité. La CFDT-CULTURE tient à préserver son autonomie et sa capacité d’initiative, convaincue que l’efficacité de l’intersyndicale réside dans la richesse de ses différences et l’indépendance de
ses organisations.
C’est dans ce même esprit que nous affirmons la spécificité de la mobilisation CFDT. Notre force naît de la participation active des agents, de la construction collective des actions et de la recherche constante de l’unité sans
renoncer à notre identité. Pour nous, la mobilisation n’est pas la simple addition des colères mais un projet commun : débattre ensemble, agir ensemble, obtenir ensemble. C’est cette culture démocratique, profondément ancrée dans
la CFDT, qui nous permet d’être à la fois constructifs et combatifs, selon les situations et les exigences sociales.
Cet engagement doit également se traduire par des avancées concrètes. La situation des contractuels au ministère de la Culture illustre la précarité structurelle de notre secteur. La CFDT-CULTURE exige une négociation ambitieuse
: titularisations, alignement des droits, garanties statutaires. Ce n’est pas une faveur mais une exigence de justice pour celles et ceux qui assurent, au quotidien, l’essentiel des missions culturelles.
De même, l’accord de méthode obtenu sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes doit désormais se traduire par des actes. Nous sommes en train de discuter de son accompagnement, qui suppose non seulement des indicateurs
et des plans d’action concrets, mais aussi des moyens financiers supplémentaires et, surtout, une volonté politique plus forte. Sans cet engagement clair, l’accord resterait un texte sans portée. La CFDT-CULTURE continuera de peser
pour que chaque collectivité, chaque service et chaque établissement en fassent une véritable priorité.
Notre horizon est aussi celui des élections professionnelles de décembre 2026. Elles seront un moment clé pour affirmer notre représentativité et renforcer notre capacité d’action. La CFDT-CULTURE s’y prépare dès aujourd’hui grâce
à un groupe de pilotage interne. En termes de stratégie, nous avons l’ambition de mailler plus largement le territoire national, d’accompagner nos sections et nos élus pour constituer au plus vite les listes, et de mener une campagne
de terrain au plus près des agents. Ces élections ne sont pas qu’une échéance interne : elles offriront une tribune pour porter nos exigences auprès du ministère, des élus et de l’opinion publique.
Nous sommes à un moment charnière. Le recul de l’État sur la culture, les restrictions budgétaires et le désengagement territorial ne sont pas des fatalités : ce sont des choix politiques. À ces choix, nous opposons une autre vision,
fondée sur l’investissement, le renforcement des moyens et la reconnaissance des agents. La mobilisation doit être un levier durable, fait d’actions collectives, de débats publics et de propositions construites. Il ne s’agit pas
seulement de dénoncer, mais d’imposer d’autres perspectives par la force du collectif.
La CFDT-CULTURE prend toute sa part dans cette responsabilité. Défendre le service public de la culture, c’est défendre la fonction publique dans son ensemble, garante de la cohésion sociale, de l’égalité et de la proximité avec
les citoyens. Ensemble, faisons converger nos forces, construisons nos propositions et élevons notre niveau d’exigence, afin de garantir un service public de la culture vivant, accessible et renforcé, au service des territoires,
des humanités et de l’avenir de toutes et tous.
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